Réponses au collectif citoyen du quai des Seychelles

Aviez-vous connaissance du projet du quai des Seychelles avant notre sollicitation ?

Oui. Nous suivons ce projet depuis son origine, à travers les informations remontées par les membres du collectif CC&P ainsi que par nos candidat.es siégeant dans les oppositions au conseil municipal de Concarneau et au conseil régional. Nous savons que ce projet pourrait transformer des usages importants pour le quartier et susciter des préoccupations légitimes. À ce stade, les éléments rendus publics restent incomplets, ce qui rend difficile une appréciation sereine du projet. Nous regrettons également que les espaces d’échange ouverts aux habitants n’aient pas été à la hauteur des attentes. Pour nous, il est essentiel que tout aménagement touchant au domaine public fasse l’objet d’une information claire et d’un dialogue structuré dès les premières étapes.

Voterez-vous la cession du terrain du quai des Seychelles, aujourd’hui propriété de la commune, à la Région Bretagne ?

Nous ne sommes pas favorables à la cession du terrain communal. Le quai des Seychelles est un espace public stratégique, très intégré à la vie du quartier, et qui fait l’objet d’usages multiples. Le transférer définitivement à un autre propriétaire signifierait que la collectivité et les habitants perdent la maîtrise d’un lieu sensible et structurant. Nous privilégions une gestion qui reste communale, afin de garantir une gouvernance de proximité, une capacité de décision partagée et une adaptation fine aux enjeux climatiques et urbains du secteur.

Etes-vous favorable à la création d’une aire technique sur le quai des Seychelles, au sein du quartier résidentiel du Passage ? Pourquoi ?

Nous ne pensons pas que l’installation d’une aire technique à cet endroit soit adaptée. Ce positionnement n’est pas lié aux professionnels du port, dont nous connaissons l’importance, mais au site lui-même. Le Passage est un quartier dense, où cohabitent circulation contrainte, habitat proche et espaces publics très fréquentés. Introduire une activité technique génératrice de flux motorisés, de bruit ou de nuisances visuelles nous semble difficilement compatible. De plus, le site est exposé aux risques littoraux, ce qui pose des questions quant à la pérennité des investissements à réaliser. Enfin, une réelle concertation avec les riverains et usagers serait indispensable avant toute évolution de cette ampleur.

L’aménagement de cette aire technique dédiée aux professionnels entraînerait la suppression du parking des remorques, et de fait l’impossibilité pour les plaisanciers de mettre à l’eau leur embarcation. De plus, une partie supplémentaire du sentier côtier serait interdite au public. Quel est votre position sur ces deux sujets ?

Nous sommes attachés à la place de la plaisance légère dans le port de Concarneau, car elle participe à la vie maritime du quartier. La suppression du parking des remorques impacterait directement les utilisateurs de la cale et les plaisanciers locaux. L’accès à la mer des Concarnoises et des Concarnois constitue un axe majeur de notre projet politique. Concernant le sentier côtier, nous pensons important de préserver l’accès au littoral et la continuité des cheminements publics, qui font partie du patrimoine de Concarneau et de ce qui rend ce quartier attractif et vivant. Enfin, l’association AMP, présente depuis plusieurs décennies, constitue un acteur historique du site. Ses usages doivent être pleinement pris en compte dans la réflexion globale.

De votre point de vue, quel devrait être le devenir du Quai des Seychelles (usages, aménagement, public concerné…) ?

Nous considérons que l’avenir du quai des Seychelles doit être défini collectivement. C’est un espace charnière entre le port, le quartier et le littoral, apprécié autant par les usagers du port que par les promeneurs et les habitants. Nous souhaitons un fonctionnement transparent et une gouvernance élargie associant la Région, la Ville, les professionnels et les habitants. Les aménagements futurs devront être sobres, réversibles, adaptés aux enjeux climatiques, et compatibles avec la vie du quartier. Plutôt qu’une zone technique lourde, nous voyons ce site accueillir des usages légers liés au port (eau, électricité, collecte des déchets marins), des cheminements sécurisés et des espaces publics ouverts, respectueux du paysage portuaire. Toute évolution doit préserver la tranquillité, maintenir les vues dégagées, et s’inscrire dans une démarche concertée avec les usagers du port, les habitants et les associations. Le quai des Seychelles doit rester un bien commun au service de l’intérêt général. Préserver le quai des Seychelles est un enjeu majeur pour Concarneau, car il illustre l’équilibre délicat qui existe partout autour du port entre usages économiques, proximité immédiate de l’eau et qualité de vie des habitants.

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