Julie Dupuy

Pour mieux connaître les candidates et les candidats de la liste de Concarneau Citoyenne et Participative, nous avons mené avec chacune et chacun d’entre elles et eux un long entretien, sur les raisons de leur engagement, sur leur vie et sur leur rapport à Concarneau. On vous présente Julie Dupuy.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Julie, j’ai 46 ans. Je suis engagée en politique depuis 2020, conseillère municipale avec Concarneau Solidaire et Durable, et à l’agglomération (CCA). Je suis conseillère régionale depuis 2021. Je travaille beaucoup sur les enjeux d’urbanisme, la préservation de l’environnement, les modèles d’agriculture, de pêche. Et je me bats pour la culture et ses acteurs !

J’ai grandi avec mes parents et mon frère à Moëlan-sur-Mer, une petite commune de bord de mer plutôt rurale, pas très loin de Concarneau. C’était un milieu de classe moyenne. Ma mère était enseignante, et mon père commercial. Les deux étaient engagé·es politiquement. 

Je suis ensuite partie à Brest pour faire des études en histoire et géographie, puis j’ai poursuivi par un master en politique culturelle et un autre en littérature. J’ai vécu dans le Sud de la France hexagonale, en Languedoc, et en Rhône-Alpes, pour le travail, mais aussi parce que j’y ai de la famille. 

La chaleur n’était pas facile à vivre au quotidien, alors nous avons décidé, avec le père de mes enfants, de quitter le Sud pour revenir vers la Bretagne. Concarneau correspondait à ce qu’on aimait bien de la Bretagne : l’océan, la taille de la ville, les forêts pas loin. Une ville qui n’est pas déconnectée de la campagne. J’aime bien le dynamisme de la Bretagne. 

Quel est ton rapport à ton travail ?

J’ai dû composer avec le monde du travail. J’ai beaucoup bougé dans la vie, mais c’était surtout pour le travail et pour vivre. J’étais chargée de projet en collectivités et en association. L’arrivée à Concarneau n’a pas été facile. Il a fallu se battre pour trouver une maison en location, prendre ses marques, avec peu d’accompagnement. Les conditions économiques étaient compliquées, et j’ai eu du mal à trouver du travail qui correspondait à mes compétences.

Depuis 2020, je suis artisane d’art, en vannerie. J’ai créé mon atelier à Concarneau. Je me suis formée techniquement en amont, et je cultive des oseraies pour m’en servir comme matière première dans la fabrication des objets. C’est un travail d’indépendante et d’entrepreneuse. Je transmets ces savoir-faire à travers le Finistère.

Où fais-tu tes courses ? 

Je fais mes courses en partie sur les marchés et auprès des producteurs, en partie dans les commerces de proximité, et je complète en grande surface. J’aime bien les marchés en tant que lieu de rencontres et d’échanges, quand je peux y aller. Je fais attention et je commande très peu sur internet, et pour des choses très spécifiques que je ne peux pas trouver ici. Pour mes vêtements, je fais beaucoup de récupération et d’occasion. 

Certaines fins de mois sont-elles difficiles ?

On a deux salaires, mais il y a souvent des fins de mois difficiles. On est quatre, dont deux enfants. On peut quand même partir en vacances de temps en temps, souvent dans la famille ou chez des ami·es.

À propos de logement, où habites-tu ? 

Nous sommes locataires, à Lanriec, depuis notre arrivée il y a neuf ans. Nous avons eu beaucoup de mal à trouver un logement ; nos niveaux de revenus ne sont pas suffisamment hauts. Finalement, nous avons trouvé une maison récente avec un loyer encadré à Lanriec. Dernièrement, notre propriétaire nous a indiqué qu’il vendait le logement : nous avons réussi à négocier avec lui pour qu’il nous vende la maison à un prix accessible pour nous. Mais ça n’a pas été simple ! 

Pour toi, quel est l’endroit où il faut prendre urgemment soin de Concarneau ?

Il faut prendre soin des personnes qui sont confrontées à des problèmes d’habitat et de logement. À Lanriec c’est un gros sujet. Certaines personnes renoncent à divorcer pour éviter d’avoir à faire un parcours trop difficile en termes de recherche de logement. Certaines personnes doivent quitter Concarneau de manière subie, car elles ne trouvent pas de logement accessible pour elles. Des parents n’ont pas les moyens de louer des logements avec des chambres pour des enfants, qui se retrouvent sans chambre à eux. Le droit au logement n’est pas une option, c’est un droit. Et il est clair qu’il faut cesser d’artificialiser les terres pour produire du logement peu accessible ou qui finit en résidences secondaires. 

Il faut aussi prendre soin des espaces de vie collectifs. Par exemple, j’accompagne souvent mes enfants au sport, et c’est arrivé régulièrement que la salle ne soit pas chauffée. Cela arrive aussi fréquemment que mes enfants doivent mettre leurs manteaux en classe à l’école. C’est révoltant que nos enfants subissent des politiques publiques qui ne sont pas à leur hauteur.

Enfin, nous manquons d’espaces pour s’initier à des pratiques artistiques, et même pour les professionnel·les, comme moi, en métiers d’art, c’est compliqué d’avoir un lieu de travail. 

Quelles sont les raisons de ton engagement sur la liste ? 

Je m’engage dans la liste CC&P car je vois que beaucoup d’enjeux ne bougent pas depuis que j’habite ici, et certains se dégradent. La fermeture de l’école de Kérandon est un signal fort. Je vois CC&P comme un espace de transmission, par des discussions, des questions partagées, etc. J’ai souhaité m’engager dans la liste pour transmettre les travaux réalisés avec le collectif Concarneau Solidaire et Durable. 

Je vois autrement la vie à Concarneau depuis le début de cet engagement. Mais cela me coûte : je suis moins disponible pour mes enfants, dans ma vie familiale, pour les loisirs, dans le temps que je peux avoir avec des ami·es. Et être en politique n’est pas facile quand on est une femme, ou qu’on travaille, ou qu’on est maman ! Mais je suis motivée et je m’engage pour faire bouger les choses !

En dehors des échéances politiques locales, j’ai été engagée au tout début dans la Konk Créative qui était un super projet, et comme parent d’élève dans un conseil d’école. L’engagement associatif demande aussi beaucoup d’énergie et de capacité de travail, et j’ai dû le mettre un peu de côté pour assurer les mandats.

Selon toi, pourquoi CC&P est la liste la mieux placée pour répondre à ces enjeux ?

CC&P est faite par des personnes qui sont ancrées dans le quotidien de leur ville. Nous fréquentons réellement les lieux et services publics. Nous connaissons bien la ville et nous l’aimons. Nous ne nous voilons pas la face non plus : nous avons bien conscience qu’il faut faire évoluer rapidement des choses : lutte contre la pauvreté et les discriminations, maintenir les services publics, répondre aux enjeux de l’écologie pour protéger les habitant·es. Il faut pouvoir bien vivre à Concarneau sans avoir forcément un gros capital financier. Il y a aussi beaucoup d’énergie liée à la jeunesse et une capacité à avoir de l’espoir !

Comment te déplaces-tu à Concarneau ? 

A Lanriec, je me déplace beaucoup à pied. Pour mes déplacements en dehors de Concarneau, j’utilise beaucoup le train depuis Rosporden. Et puis, la voiture, pour mon travail et, régulièrement pour conduire mes enfants, y compris mon ado, lorsque le bus ne propose pas d’horaire adapté pour le ciné, les sports, par exemple.  

Comment trouves-tu la vie sportive, ou culturelle à Concarneau ? 

L’offre sportive est très diversifiée. Le problème est plutôt sur les équipements, comme pour le hand, par exemple. C’est vraiment dommage parce qu’on a des supers assos sportives qui se démènent. 

Pour la culture, c’est pareil, on a des assos géniales mais on manque de lieux. Ce n’est pas du tout suffisant pour une ville comme Concarneau. J’apprécie les festivals littéraires comme Livre et Mer ou le Chien Jaune, par exemple. J’adore les librairies indépendantes. J’adore aussi les concerts à Ty Forn, l’ambiance, la musique. Et avant j’allais souvent au CAC qui est désormais fermé. Nous manquons d’espaces pour les pratiques artistiques et culturelles pour les habitant·es mais aussi pour les professionnel·les alors que Concarneau a le label Ville d’Art et d’Histoire !

La balade quotidienne préférée de Julie :

La voie verte entre Lanriec et Trégunc, avec mon chien Nova. J’aime les arbres, les oiseaux qu’on y voit et les rencontres sympas qu’on peut y faire. 

Le livre préféré de Julie

L’Homme qui plantait des arbres de Giono ! C’est un grand classique de la littérature mais pas poussiéreux pour un sou. Un hymne à la nature qui prend tout son sens aujourd’hui, avec une écriture lumineuse. Le film d’animation est aussi très chouette. 

L’adjectif de Julie pour qualifier Audrey, son binôme : 

Elle a une grande acuité, elle perçoit vite les choses. On a conscience des mêmes enjeux. Les déchets sont un grand enjeu de société !

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