Thomas Le Bon

Pour mieux connaître les candidates et les candidates de la liste de Concarneau Citoyenne et Participative, nous avons mené avec chacune et chacun d’entre elles et eux un long entretien, sur les raisons de leur engagement, sur leur vie et sur leur rapport à Concarneau. Et on commence par Thomas Le Bon, notre tête de liste !

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 41 ans, je suis enseignant et candidat en tête de la liste Concarneau Citoyenne et Participative, pour devenir maire de Concarneau. Je suis Conseiller municipal et communautaire depuis 2020. Je siège dans les commissions finances, cohésion sociale, économie et citoyenneté.

En tant que maire, je veux consacrer tout mon temps à la ville. Les besoins sont tels que Concarneau a besoin d’un maire présent à temps plein. Je mettrai mon activité professionnelle entre parenthèses le temps du mandat.

Je suis très attaché à ce territoire. Ma mère était assistante maternelle et mon père, commercial. Ma famille était de la classe moyenne ; j’ai eu des loisirs, des vacances, j’ai pu faire des études… Mes grands-parents étaient tous les deux agriculteurs. C’était un cadre familial très heureux. C’était une super enfance bretonne, où on m’a laissé une grande autonomie. C’est aussi l’un des privilèges d’être élevé comme un garçon : on t’apprend à sortir de ta zone de confort, à te mettre en danger.

Ensuite, comme beaucoup ici, j’ai été faire mes études à Rennes. Plus tard, je suis parti enseigner en Guadeloupe et je suis revenu en Bretagne en 2018, après le décès de mon père. Comme toute ma famille vit dans le coin, on est rentré pour retourner près d’eux, mais aussi pour se rapprocher de nos ami-es ! 

Je suis très sociable, c’est très important pour moi d’être proche des gens que j’aime. Je ne suis pas du tout un animal solitaire, j’aime chez les autres leur capacité à me faire rire, à me divertir, qu’on se partage nos problèmes, nos difficultés, qu’on s’écoute.

Quel est ton rapport à ton travail ?

Je suis enseignant en philosophie, je suis titulaire en zone de remplacement à Concarneau et Carhaix. Mon travail, c’est d’exercer les élèves à penser et quelle chance, quel privilège de faire ce métier-là ! Même si ce n’est pas toujours facile d’arriver à passionner les élèves pour cette matière, qui est assez abstraite, j’adore penser avec eux et les regarder penser. C’est tellement important de savoir penser par soi-même. Je leur dis parfois que, pour philosopher, il faut cesser d’être mis au service d’un but. C’est grâce à cette liberté qu’on peut faire de la philosophie, c’est-à-dire se poser les questions qu’on veut. Et pour eux, c’est déjà une autre manière de voir le monde. 

Mon métier me permet de vivre confortablement. Même si un salaire de prof certifié, ça n’est pas énorme, j’ai le privilège de ne pas vivre des fins de mois difficiles – mais c’est surtout grâce à ma femme, qui gagne mieux sa vie que moi.

Comment vous répartissez-vous les tâches, à la maison ?

C’est principalement moi qui fait les courses. Je vais faire mon épicerie dans les grandes surfaces, et sinon, au marché le vendredi, ou à l’AMAP. Et je vais aussi dans les petits commerces du centre ville qui sont près de la maison. Je m’occupe de la cuisine, mais pour tout ce qui relève du ménage, même si j’essaie de faire en sorte que ça soit égalitaire, je ne suis pas certain que ça soit absolument le cas !

Pour toi, quel est l’endroit où il faut prendre urgemment soin de Concarneau ?

Pour moi, la priorité aujourd’hui, c’est la question du logement et de l’habitat : Concarneau est en voie de balnéarisation et progressivement, une partie de la population se retrouve repoussée hors de la ville parce que ça devient trop cher. Il faut se battre pour garder absolument une population plus modeste, qui ne soit pas obligée de se retrouver à dix-quinze kilomètres de la ville où elle a grandi. Il faut faire une place à tous-tes, nous devons construire une ville pour elles et eux et à elles et eux. 

Dans le même ordre d’idée, il faut également prendre soin de toute urgence de l’état bâtimentaire de la ville. Le patrimoine de Concarneau est dégradé, les associations et les écoles ne peuvent plus fonctionner de façon correcte à cause du sous-investissement de la mairie dans les associations sportives et culturelles.

Et justement, en parlant de logement, où et comment habites-tu, Thomas ?

J’habite en centre ville, et je suis propriétaire de ma maison depuis quatre ans. Avant, on habitait au quartier du Lin. Tout est très cher et rare à Concarneau, donc ça a été long de trouver une maison à acheter, mais financièrement, on pouvait se le permettre. C’est un logement où il fallait faire des travaux et qu’on rénove petit à petit. C’est nous qui le faisons ! On pouvait y habiter immédiatement, mais il fallait tout isoler. Et maintenant, on est confortable en hiver comme en été ! On se chauffe entièrement au poêle à granulés, pour des raisons écologiques et économiques.

Quelles sont les valeurs de Concarneau Citoyenne et Participative qui résonnent particulièrement chez toi ?

C’est difficile de les dissocier, mais je crois que c’est fondamental de vivre en accord avec les ressources naturelles pour les protéger et protéger les générations futures. 

Et bien sûr, les convictions écologiques ont des répercussions sur la vie sociale, de même qu’interroger nos modes de production et de consommation va avec le fait de reprendre la main sur la façon dont on agit sur nos vies, nous les humains. C’est très important pour moi de redonner aux gens le pouvoir qui est le leur. 

Concrètement, dans ta vie de tous les jours, comment appliques-tu ces valeurs ?

Dans mon travail d’enseignant, comme je l’ai déjà dit, je demande à mes élèves de penser par eux-même pour qu’ils sachent agir en accord avec leurs valeurs, et les interroger. C’est une façon de leur redonner du pouvoir !

J’essaie d’être moins consumériste aussi, par exemple, d’acheter des objets durables, ou de faire le choix de la seconde main, pour des raisons écologiques et économiques (même si, depuis que j’ai un enfant, je n’ai plus trop ni le temps ni la tête à acheter des fringues !). 

À mon fils justement, j’apprends la contestation, à ne pas se soumettre à une autorité parce qu’elle est une autorité. 

Et dans ma relation maritale, j’essaie de m’interroger sur mes privilèges d’homme. Le combat féministe me fait voir le monde autrement, et prendre conscience de dominations que je ne perçois pas nécessairement, parce que je suis un homme. 

Et selon toi, comment CCP incarne ces valeurs ?

Par exemple, beaucoup des candidat-es de la liste se sont engagé-es pour des raisons écologiques ; ce sont des gens qui ont déjà à cœur de prendre soin du monde qu’on va laisser. 

Et puis, nous sommes la seule liste qui a fait un tel effort d’inclusion des personnes, quelles que soient leur sensibilités politiques, et donc on est obligés de s’écouter. Dans nos pratiques internes, on a mis en place des modes de travail qui sont conformes aux modes de gouvernances qu’on veut faire à l’échelle de la ville : une ville pour toutes et tous, prête à accueillir dignement et en sécurité les générations à venir.

Thomas, tu es la tête de la liste de CCP. D’où vient ton envie de t’engager en politique ?

Mon engagement a d’abord été intellectuel, dans le cadre d’une thèse de philosophie. Ce qui m’a poussé à m’engager, c’est la découverte du travail en usine. Plus jeune, j’ai travaillé chez Bonduelle et Monique Ranou. J’y ai découvert des conditions de travail qui n’étaient pas dignes, en tout cas selon la valeur travail qu’on m’avait enseigné dans ma famille, et c’est de là que m’est venue mon idée de thèse, qui a porté sur ce sujet. 

Ensuite, quand je suis devenu enseignant, cette envie de participer à un monde plus juste s’est manifestée dans un engagement syndical pour les conditions de travail des élèves et des enseignants.

Et enfin, en revenant sur mon territoire de naissance, j’ai eu envie de m’engager en politique pour défendre mes convictions environnementales, écologiques, solidaires et de renouvellement des pratiques démocratiques.

À quoi ça ressemble, la vie d’une tête de liste en campagne électorale ?

Ça prend du temps ! J’y travaille du matin au soir, dès que j’ai du temps libre : j’aime beaucoup la variété des missions de cet engagement. On rencontre beaucoup de gens, on se déplace, on fait des conférences de presse, on organise des réunions, on assiste à d’autres, on répond à des interviews… Je ne m’ennuie pas ! Mais ça implique des sacrifices de loisirs, par exemple, j’ai arrêté le sport collectif. On voit un peu moins sa famille aussi, d’autant que je travaille toujours sur un temps plein. 

Qu’est-ce qui fait que tu aimes Concarneau ?

Je trouve que c’est un endroit extraordinaire pour vivre ! La mer et la plage sont essentielles pour moi, surtout dès qu’il fait beau ; j’adore me baigner ! 

Parfois, je fais de la voile, mais je ne la pratique plus car c’est un peu hors budget pour nous. À une époque, j’ai fait des stages avec l’école de Concarneau et celle de Kerleven, j’aime bien naviguer. 

Et en famille, Concarneau, c’est vraiment top. J’ai un enfant qui a neuf ans. On a beaucoup de plages autour de chez nous, ça fait de l’espace pour jouer librement. On se baigne, on gratte les rochers, on va voir les flaques d’eau… On habite pas très loin du parc des Sables Blancs, et on passe pas mal de temps à la piscine, qui est très chouette. Concarneau, ville de baignade ! Et puis il y a des écoles de proximité à Concarneau, la nôtre est à 700 mètres de la maison, on y va à pied. Les conditions sont super et l’équipe est top, mais malheureusement, tous les enfants à Concarneau ne bénéficient pas des mêmes conditions.

Justement, comment te déplaces-tu, à Concarneau ?

Comme j’habite en ville, je suis content de tout faire à pied ; avant, je pratiquais pas mal le vélo, mais j’ai moins besoin maintenant que nous sommes dans le centre ! Mais quand j’en sors, l’absence des bus, que je prend rarement, m’oblige à prendre la voiture.

De quels équipements sportifs et culturels de la ville es-tu familier ?

Je ne fais plus de sports collectifs mais je fréquente le gymnase du COSEC parce que mon fils fait du basket, et j’ai fréquenté le terrain de foot de Kersaux. Je vais souvent à la piscine, que j’adore, mais je constate que certains équipements sportifs ne sont plus à la hauteur pour recevoir du public, comme le gymnase du COSEC ou celui du Porzou. Ça sera l’une de nos priorités que de rénover ces espaces pour leurs usagers !

Quant à la culture, je ne suis pas satisfait de l’offre. Les concarnoises et concarnois sont orphelins de l’équipement culturel ! L’investissement dans la culture n’est pas à la hauteur. Il y a heureusement une vitalité associative qui anime la ville. 

Sinon, je fréquente pas mal la librairie, mais je vais peu au cinéma car j’ai un jeune enfant. Ce qui me manque vraiment, ce sont les concerts. 

Heureusement, il y a les cafés qui en proposent, mais la mairie devrait s’en emparer ! C’est insensé pour une ville de cette taille de ne pas avoir de salle de spectacle. Et cela pose des problèmes pour l’éducation artistique et culturelle. 


Pour finir, Thomas, pourrais-tu nous parler de ton rapport à la lutte ?

Mon rapport à la lutte, c’est l’espoir. Je mène mes combats avec détermination, mais aussi de façon posée, car je suis respectueux de l’altérité politique. Je crois qu’on doit construire ensemble pour se donner des objectifs communs calmement, pas forcément être dans l’opposition les un-es aux autres. 

Pour moi, la lutte est là pour nous donner des objectifs mais pas pour imposer des idées ou des choses ! 

→ Les trois meilleurs spots de baignade de Thomas à Concarneau : Quand l’été arrive, le meilleur plan de baignade, pour moi, c’est d’aller sauter du Quai nul entre ami-es ou avec mon fils. Il y a toujours pleins de jeunes, c’est une excellente ambiance ! Je conseille aussi la plage du Minez, que j’ai découverte l’été dernier. Tu pars directement des rochers et tu as tout de suite de l’eau à hauteur d’épaule, donc tu peux plonger ! Il faut croire que j’adore les mises à l’eau brutales. Sinon, j’aime la promenade jusqu’à l’iconique plage des Quatre Sardines, vers l’anse Saint jean, c’est là que je cours et le paysage est magnifique.

→ Le livre préféré de Thomas : La condition ouvrière, de Simone Weil. Ce livre a fait écho avec l’expérience que j’ai eu en travail en usine et il a été ma source d’inspiration pour ma thèse. J’irai même jusqu’à dire que je vois l’autrice comme une compagnonne : comme moi, c’est une philosophe qui a travaillé en usine ! Je la trouve lucide et clairvoyante. 

→ L’adjectif de Thomas pour qualifier Manon, son binôme : accessible ! C’est vraiment quelqu’un ouvert et d’engageant, avec qui on a très facilement envie de parler.

Retrouvez tous les portraits de la liste Concarneau Citoyenne et Participative sur la page La liste

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