Pour mieux connaître les candidates et les candidates de la liste de Concarneau Citoyenne et Participative, nous avons mené avec chacune et chacun d’entre elles et eux un long entretien, sur les raisons de leur engagement, sur leur vie et sur leur rapport à Concarneau. Et on commence par Manon Rosario, notre tête de liste !

Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Manon, j’ai 34 ans et je viens de Marseille ! J’ai grandi et vécu dans le sud jusqu’à mes vingt ans. Mes parents sont médecins, j’ai eu la grande chance d’avoir une enfance confortable. Puis je suis partie vivre trois ans en région parisienne, j’ai habité un an à Singapour, et ça va faire tout de même dix ans que j’ai posé mes valises à Concarneau !
Je suis curieuse de nature, ce qui m’amène à m’intéresser à la vie des gens : j’aime bien parler avec eux. J’aime bien savoir ce qu’il font, d’où ils viennent, j’ai le contact assez facile. On peut dire que j’aime les gens !
Je n’ai jamais été investie dans un parti politique, ni sur une liste. Après, je pense que les actions que j’ai faites dans le milieu associatif ou via le Comité Social et Économique de mon entreprise sont des actions politiques, dans le sens : essayer de faire changer un système en place.
Quel est ton rapport à ton travail ?
Je travaille chez Actemium Marine. C’est une entreprise du port de Concarneau qui fait des systèmes électriques pour les bateaux de travail ! Moi, je fais de la gestion de projet, je coordonne des projets d’installation électrique sur des bateaux neufs… On peut dire que mon métier là-bas consiste un peu à gérer des plannings, des achats. Il faut être organisé et avoir les choses bien en tête !

Ce que j’aime particulièrement, dans ce boulot, c’est côtoyer des gens de divers horizons. J’aime bien bosser avec du monde, en équipe, j’aime bien coordonner des projets et les voir aboutir. J’apprécie également le fait que mon travail soit lié à l’identité de la ville, au port, à la mer.
Et puis je suis secrétaire du Comité Social et Économique de l’entreprise et ça, j’adore ! Ça me tient à coeur de défendre les droits des travailleuses et des travailleurs, et de bosser sur les sujets d’égalité femme-homme. Ce rôle-là, j’y trouve un vrai sens. J’ai l’impression qu’il y a du boulot sur les sujets féministes dans mon milieu de travail. Moi, j’ai envie de me battre pour ça, d’autant que je sais qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui sont motivés pour le faire.
En parlant d’égalité femme-homme : quels sont les sujets de lutte qui te tiennent particulièrement à coeur ?
On en parlait : le féminisme, mais globalement la lutte contre toutes les discriminations est un sujet important pour moi. J’ai une vie facile et agréable car je jouis de nombreux privilèges, indépendamment du fait d’être une femme, et j’aimerai que cette vie-là soit accessible à toutes et à tous.
Les enjeux climatiques sont une urgence et donc, je crois qu’il faut anticiper dans notre ville pour que ça ne devienne pas une contrainte dans nos vies et que ça ne soit pas encore davantage vecteur d’inégalité.
Et puis il y a bien sûr les sujets de démocratie participative : je suis convaincue que les gens sont les mieux placés pour agir sur leur quotidien . C’est aux habitantes et habitants de Concarneau de dire leurs contraintes, ce sont elles et eux qui les connaissent. Et in fine, ça permettra de recréer des liens locaux et de sortir des clivages sociétaux dans lesquels on s’enfonce et ça, c’est une ville idéale pour moi !
Justement, pour toi, quel est l’endroit où il faut prendre urgemment soin de Concarneau ?
À mon sens, il faut prendre soin urgemment du parc locatif de Concarneau.
Quand je suis arrivée en ville, il y a dix ans, je venais à la base pour un service civique de six mois. C’était pour une association, le Low-tech lab ; bien sûr, j’avais une indemnité, mais j’avais des très faibles revenus, je donnais même des cours de math à côté pour compléter. Et pourtant, à l’époque, je n’avais pas eu de mal à trouver un logement !
Alors qu’aujourd’hui, les gens qui arrivent à Concarneau avec des revenus similaires, ils ne peuvent pas trouver à se loger, ou alors très difficilement. Ce que ça veut dire, c’est qu’on va se couper de nouvelles personnes qui s’installeraient et qui, comme moi, tomberaient amoureuses de la région et y resteraient ! On se retrouverait avec une ville excluante des personnes seules et jeunes, et également des personnes précaires ou des familles avec des faibles revenus, qui sont repoussées. Et la configuration aujourd’hui ne permet de toute façon pas d’avoir un logement digne et de subvenir à ce besoin de base. Je trouve ça tellement dommage…
L’autre urgence, pour moi, c’est les transports. Ils sont juste adaptés aux scolaires, et en dehors des horaires de car, on ne peut presque pas se déplacer en bus à Concarneau.
Et justement, en parlant de logement, où et comment habites-tu, Manon ?
Je suis propriétaire d’une maison dans le quartier du Lin, mais je n’y vis pas encore ! Je voulais un quartier plutôt central, parce que j’avais envie de ne pas être trop dépendante de la voiture. Avec ce critère-là, ça a été difficile de trouver un truc habitable dans mes moyens, même si je gagne bien ma vie : c’est pour ça que j’ai acheté une maison avec de très gros travaux. Pour le moment, c’est un sacré chantier !
Je fais moi-même certains des travaux qui sont accessibles. Et comme la maison n’est pas habitable pour le moment, je suis en location en attendant la fin des travaux ; j’ai eu de la chance, j’ai trouvé mon appartement grâce à un de mes collègues.

Quelles sont les valeurs de Concarneau Citoyenne et Participative qui résonnent particulièrement chez toi ?
Je dirais toutes les questions de transition écologique ! Depuis que je suis à Concarneau, je me suis plutôt engagée dans le milieu associatif, notamment avec Bretagne Transition. C’est une association qui sensibilise le public et accompagne les projets en lien avec la transition environnementale. Dans ce cadre-là, l’association a eu un partenariat avec l’agglomération de Concarneau et c’est d’ailleurs ce qui m’a fait découvrir le fonctionnement de collectivités et les gens qui y travaillent !
C’était une vraie découverte pour moi. Je me suis dit “Tiens, voilà un lieu où tu as des leviers et du pouvoir d’agir sur pleins de sujets importants !”. Ça m’a semblé intéressant, et me voilà ici, maintenant.

Concrètement, dans ta vie de tous les jours, comment appliques-tu ces valeurs ?
On possède une voiture pour deux, que j’utilise surtout quand je dois aller dans l’arrière-pays ou pour aller dans des endroits plus loin qui ne sont pas accessibles facilement en train. Sinon, je prends le vélo ! Globalement, j’aime faire du vélo à Concarneau, c’est très agréable. Mais il y a plein d’endroits qui ne sont pas sécurisés pour la pratique du vélo. J’ai remarqué que le rapport entre les usagers des voitures et des vélos s’est tendu ces dernières années, c’est dommage !
Sinon, je vais faire mes courses à l’AMAP de Concarneau ou au centre-ville, dans les petits commerces car j’habite dans le quartier du Lin.
À quoi ça ressemble, la vie d’un candidat de liste en campagne électorale ?
C’est vrai que ça prend pas mal d’heures ! Pour dégager du temps pour cet engagement, j’ai arrêté le sport, cette année, et mes travaux n’avancent plus très vite. Je continue à travailler avec un temps plein, ça me coûte du temps personnel pour le moment, pas d’argent et pas de temps de travail.
Et quand tu as le temps, qu’est-ce que tu aimes faire à Concarneau ?
L’année dernière, j’allais pas mal à la piscine de Concarneau, que je trouve assez géniale ! Je me promène souvent sur la voie verte et les sentiers côtiers, ce sont des parcours très agréables. De manière générale, j’aime beaucoup profiter du bord de mer en allant à la plage, été comme hiver. Et puis je vais aussi voir de temps en temps des matchs de foot à l’USC.
J’aime la musique live et grâce à un certain nombre de bars et de cafés, je peux aller voir des chouettes concerts : à la Tri, à l’Astrolabe… Même s’il manque clairement d’une salle de spectacle digne de ce nom à Concarneau !
Sinon, je vais au Cinéville de temps en temps, et puis il y a le festival Cap danse que je trouve très sympa. Mais pour le théâtre, pas le choix : c’est Quimper !
Je vais très régulièrement à la médiathèque, c’est un endroit que j’adore. C’est gratuit, il y a une belle sélection et une super équipe ! Mais les lieux sont quand même vraiment datés et on manque d’espace. Je rêve d’une médiathèque où on puisse se poser pour lire ou travailler. Pour tout ça, heureusement, il y a les librairies.
Je vais très souvent à Albertine, où j’aime particulièrement les rencontres littéraires : quelle chance d’en avoir de cette qualité dans notre ville ! C’est fou !
Pour finir, Manon, pourrais-tu nous parler de ton rapport à la lutte ?
Je n’ai jamais été dans des mouvements de lutte radicale, type désobéissance civile. Certaines situations me révoltent mais globalement, je suis une personne assez sereine et alignée sur les idées que je défends.
Je dirais que je suis surtout attachée à essayer de faire en sorte que nos idées parlent au plus grand nombre, au plus de personnes possibles.
→ Où Manon va-t-elle regarder les couchers de soleil à Concarneau :
J’adore la plage de Cornouaille ! C’est un super endroit pour regarder les soleils se coucher. Je vais me baigner en bas des escaliers, entre les deux murs. Et puis, c’est facilement accessible mais sans voiture derrière soi, car il y a beaucoup de plages de Concarneau qui donnent directement sur les voitures.
Globalement, j’aime toutes les plages de Concarneau. Ce sont des lieux de retrouvaille et rencontres amicales hors d’endroits marchands, et c’est assez merveilleux d’en avoir autant dans une ville !
→ Manon nous recommande une revue :
Ma revue favorite, c’est La Déferlante. C’est une super revue qui traite de sujets d’actualité très divers avec un angle de lecture féministe. C’est très beau, facile à lire, mais précis et bien vulgarisé. Je trouve que ça m’amène à réfléchir à des sujets habituellement traités par des spécialistes et des universitaires.
→ L’adjectif de Manon pour qualifier Thomas, son binôme : ce n’est pas vraiment un adjectif, mais Thomas est un excellent orateur ! Il lit les choses de manière politique, il arrive à traduire chaque sujet en sujet politique.

Retrouvez tous les portraits de la liste Concarneau Citoyenne et Participative sur la page La liste
